A la découverte du CNAM !

Antoine, 38 ans, un DUT informatique en poche, développeur de jeux vidéo durant 10 ans, puis développeur Web les 10 années suivantes, s’est plongé à la découverte du CNAM.

Il a bien débroussaillé le terrain, et nous propose ici tout ce qu’il faut savoir pour s’en sortir; fonctionnement du CNAM, nombre d’UE à prendre en simultanées, présentiel ou FOD, et des avis objectifs sur les cours, les enseignants…

Pourquoi le CNAM ?

En résumé :

  • parce que je suis totalement passionné par mon métier de développeur ;
  • que je veux continuer à progresser ;
  • et que j’en ai marre d’apprendre par moi-même ;
  • parce que je me fais vieux pour l’industrie informatique et qu’il faut que je rajoute du poids sur mon CV ;
  • parce que je suis aujourd’hui à temps partiel (3/5e), pas d’enfant, et je suis soutenu à 100% par ma chère et tendre ;
  • parce qu’apprendre et affronter à nouveau des cours et des examens est un défi qui me motive !

Objectifs :

  • La licence,
  • puis le RNCP II
  • et enfin le diplôme d’ingénieur.

La sélection par l’information

Reprendre ses études au CNAM c’est d’abord s’informer. Et c’est probablement là qu’il y a une première sélection tant l’aspect informatif et administratif est catastrophique.

Cela commence par la visite du site Web du CNAM où l’on trouve des pages et des pages d’informations organisées étrangement.

Pourtant, au début cela semble assez évident. Mais très vite on se perd : il y a des explications redondantes, des sous-sites à foison, des liens morts un peu partout, des documents vieux de trois ou quatre ans, et j’en passe…

En fait, il faut commencer par distinguer les sites « tout public » des divers sites dédiés aux auditeurs et/ou aux départements.

Le Cnam.fr donne le plus gros des informations. Ensuite, selon les UE qui vous intéressent vous pourrez trouver plein de choses intéressantes en creusant du côté de deptinfo.cnam.fr, ou java.cnam.fr, etc.

Au bout d’un moment on finit par se faire des repères et on sait où aller. Mais d’ici là, que de temps perdu et que de visites désespérantes !

On peut aussi tenter la consultation de visu en se rendant au centre de Paris. On s’y perd facilement, et l’accueil oscille entre sympathique et totalement impoli. Pas de miracle à attendre : il y a un mur épais entre l’administration et la pédagogie.

Ainsi, inutile de demander comment sont organisés les cours, le planning de l’année, le programme des UE, etc. Vous saurez tout sur le catalogue, sur les financements, les VAE, VAS, VAP… Mais le cœur de l’enseignement est totalement opaque.

Heureusement, il y a quelques fissures dans ce mur si l’on va dans les centres régionaux. Pour Paris il y a ceux d’Ile-de-France, dont la taille plus humaine permet de glaner des informations plus facilement.

N’espérez pas néanmoins avoir beaucoup de détails sur le contenu des formations ou les professeurs. Vous devrez chercher ailleurs, comme par exemple sur Cnamien, ou sur le topic unique du forum de Hardware.fr.

Le système CNAM

Mais avant même d’arriver là, il faut comprendre le « système » CNAM. Une fois que l’on est dedans ça paraît évident, mais la compréhension et l’assimilation est le tout premier chemin à parcourir.

A mon sens, voici ce qu’il faut en retenir :

  • Le CNAM ne fonctionne pas comme les systèmes éducatifs classiques (universités, écoles…). On ne suit pas un programme linéaire dans le temps afin d’obtenir un diplôme au bout de plusieurs semestres ;
  • Obtenir un diplôme c’est obtenir des UE (des matières) et diverses validations de son expérience professionnelle (sous forme de dossiers à rendre) ;
  • Certains diplômes ont des UE en commun, ce qui permet d’optimiser le parcours pour acquérir plusieurs diplômes. On peut ainsi se définir des objectifs successifs et progressifs : d’abord la Licence, puis le RNCP puis Ingénieur…
  • L’ordre des UE n’est pas toujours important : on peut alors jouer dessus en fonction de son savoir acquis avec l’expérience professionnelle ;
  • Attention toutefois à ne pas jouer au-dessus de sa limite. Essayez de trouver des annales sur Internet pour vous faire une idée de ce qui vous attend.

Aussi, il faut bien comprendre que le CNAM n’a rien de particulier par rapport à ce qu’on a pu connaître lorsque l’on était plus jeune. On y trouvera des cours parfois passionnants, parfois totalement barbants. Certains professeurs sont impliqués, d’autres semblent être là juste pour dicter des slides.

Il pourra y avoir des TP, un contrôle continu et une certaine pression. Mais aussi rien du tout et un suivi totalement inexistant.

Combien d’UE ?

La question, ô combien répétée, du nombre d’UE dépend de beaucoup de paramètres :

  • Suis-je pressé ? Mon objectif de cursus est-il lourd ?
  • Quel est mon degré de motivation ? Suis-je prêt à aller en cours après ma journée de boulot plusieurs fois par semaine ? Est-ce que j’aurai la rigueur nécessaire pour travailler mes cours en FOD tout seul chez moi ?
  • Quel est mon niveau de connaissance par rapports aux UE ? Est-ce que je vais me « balader » durant le semestre parce que je connais déjà bien ce domaine ?
  • Suis-je prêt à « tenter » des UE, quitte à me planter et à recommencer plus tard ?
  • Est-ce que telle ou telle UE fonctionne sur un contrôle continu, des TP à rendre ou un projet à boucler ?
  • Est-ce que j’ai les finances ?

Il n’y a donc pas de règle écrite. Avec mon temps partiel j’ai pu faire 5 UE par semestre l’année dernière, trois en présentiel sur trois jours et deux en FOD. J’ai beaucoup profité de mes acquis professionnels, ce qui a considérablement allégé ma charge de travail. Si j’avais été à temps plein, je pense que j’aurais aussi pu le faire, mais ça aurait été VRAIMENT plus dur. Au bout du compte, j’ai pu passer toutes les UE nécessaires à la Licence, additionnées de certaines dédiées au RNCP et au cursus ingénieur.

A noter, il faut tout de même se méfier du niveau des UE. Je pensais maîtriser NFP121 (programmation avancée en Java) et j’ai cravaché comme jamais pour assurer les TP. Le rythme d’apprentissage était intense et les TP étaient très exigeants. En contrepartie, j’ai énormément appris et progressé.

Présentiel ou FOD ?

Le présentiel en Ile-de-France, c’est deux à trois heures par session avec un mélange de cours et de TD. Le lieu des cours dépend des centres, mais ils sont souvent dans un collège ou un lycée. C’est donc un retour en classe avec un vrai saut dans le passé !

Ce qui permet de découvrir les modernisations de l’éducation nationale : tableaux interactifs, rétroprojecteurs, PC pour le prof et les élèves, etc. Personnellement, de mon temps, je n’ai jamais connu tout cela : au mieux on avait une salle pour tout le lycée avec des MO5 et des TO7-70 !

Le présentiel permet de voir du monde, de s’entraider et donne un accès direct au professeur. En contrepartie, il faut le courage d’aller en cours après la journée de boulot. Il faut arriver à rester en éveil, avec toute sa concentration, pendant plusieurs heures, même si parfois on baille de fatigue ou de faim. Surtout quand il n’y a pas de pause !

Selon les profs le présentiel prend tout son sens, ou n’en a aucun. Un certain prof de Clichy a de grandes exigences et s’implique en conséquence. Il nous a fait venir au tableau, résoudre des tonnes d’exercices et a toujours veiller à ce qu’on comprenne son cours. Un autre aurait aussi bien pu faire de la FOD : à lire des slides pendant trois heures et la plupart des auditeurs décrochent !

La FOD permet de travailler à son rythme, mais la plateforme de cours (Pleiad) et le suivi sont au ras des pâquerettes : attendez-vous simplement à télécharger et lire des PDF. La plateforme semble datée de 10 ans et se traîne la plupart du temps. Pour les questions, certains profs répondent, d’autres sont quasi inexistants. Le niveau des examens FOD est nettement plus bas que ceux des présentiels. Pour certaines UE il s’agit d’une réelle « prime aux bosseurs » : on demande aux auditeurs un contrôle continu sous la forme de l’examen de l’année précédente à rendre à une date donnée. Donc, il faut lire et comprendre le cours pour réussir.

Et quand vous arrivez à l’examen final : c’est pratiquement le même ! (joie !)

En conclusion

Un des gros avantages du CNAM est qu’il permet d’être testé pour pas trop cher : vous pouvez prendre une ou deux UE sur un semestre pour voir si vous accrochez. La suite dépendra de votre motivation et de vos objectifs. Il faudra s’armer de patience et de résolution pour savoir quoi faire, quoi prendre, à quel moment, et comment… Mais au bout, le jeu en vaut la chandelle si l’on a goût à apprendre !

Comme pour beaucoup de choses, c’est le premier pas qui compte alors n’hésitez pas à aller y jeter un œil…

6 réflexions au sujet de “A la découverte du CNAM !”

  1. d’ailleurs j’ai enfin réussi à m’inscrire mais j’attend mes codes foad à l’inscription on m’a dit que je les recevrais quasi le lendemain et toujours rien est ce normal

    Répondre

Laisser un commentaire