Vous êtes à votre poste depuis plusieurs années, vous enchaînez les succès, vos entretiens d’évaluations sont toujours excellents, mais malgré tout ça vous ronronnez dans votre coin sans qu’aucune opportunité ne s’offre à vous. Peut-être que vous devriez revoir certaines de vos certitudes.

Les personnes qui réussissent le mieux sont toujours les plus compétentes.

Ce n’est pas si évident que ça. N’avez-vous jamais entendu vos collègues se plaindre de la promotion d’untel ou unetelle alors « qu’il/elle ne connaît même pas le sujet ». Les compétences sont à vos yeux l’un des points les plus importants pour prétendre à une évolution dans l’entreprise. C’est d’ailleurs une des raisons qui vous a poussé à suivre des cours du soir au CNAM. Et bien en observant vos collègues qui connaissent une avancée professionnelle fulgurante vous reviendrez peut-être sur cette première exigence qui représente sans doute un point de blocage psychologique.

Il faut des compétences bien sur, mais ce ne sont pas forcement celles que vous imaginez.
D’après vous quel est la principale qualité des personnes qui réussissent ? Ce sont souvent de très bon communicants, un peu à la manière de nos hommes politiques. Une élocution parfaite, un esprit vif et structuré, qui savent manier la rhétorique pour parler de sujets qu’ils ne maîtrisent pas. Ces personnes sont entendues en réunion même si elles ne sont pas systématiquement écoutées. Et si vous n’avez rien à dire, assurez vous de le dire bien.

Vous sortez une énormité et alors ? Un moment de honte est vite passé. Essayez quand même de vous rattraper en sortant derrière quelque chose d’extrêmement subtil. Vous êtes en réunion avec des supérieurs hiérarchiques qui monopolisent la parole. Imposez vous !!! C’est l’occasion ou jamais de vous faire repérer.

Les RH connaissent mon profil, ils ont mon CV, ils ne manqueront pas de me contacter si un poste se libère.

Ou pas… Les gens ont la mémoire courte, et s’ils vous ont rencontré à l’embauche il y a de forte chance que d’autres candidats aient défilé depuis. Si en plus vous avez tendance à être dans l’attente d’un monde meilleur, sans faire de proposition, sans vous mettre en lumière, sans vous faire connaître, vous risquez d’être désormais inconnu au bataillon.
Si vous estimez avoir fait le tour de votre poste, n’hésitez pas à rencontrer votre DRH. Faites lui part de vos motivations, de vos souhaits d’évolution, sans jamais dénigrer vos fonctions actuelles. Ne soyez pas déprimé, mais au contraire, restez toujours dans la dynamique, et faites des propositions. Si vous vous enfermez dans une spirale de négativité vous risquez de ne plus jamais en sortir.

Les gens qui passent leur temps au café ou à la pause clope ne sont pas près de progresser.

Détrompez vous ! Ces gens là se constituent un réseau digne de ce nom. En fréquentant les personnes influentes, ils se font connaître, et ils restent au courant des vacances de poste, des opportunités, des orientations, des projets à venir, de la stratégie de l’entreprise…. Sans passer sa vie à la machine à café, ça n’en reste pas moins un lieu indispensable pour créer les liens qui vous aideront à progresser.

D’une manière générale, il faut vous faire connaître. Rencontrez du monde, gardez le sourire, il faut que les personnes qui vous croisent dans l’ascenseur, à la machine à café, à la cantine, aient envie de travailler avec vous. Vous devez avoir la positive attitude, respirer le bonheur et la joie de vivre. Constituez vous un réseau de personnes « utiles ».

Appliquez à vous-même cette fameuse citation ; « Il est bon de dire du bien de soi-même, ça se répète et on finit par ne plus savoir d’où ça vient ».

Devenez quelqu’un de fréquentable.

Les gens qui progressent ont les dents qui rayent le parquet et sont imbus de leur personne.

Evoluer dans la vie, grandir un peu plus chaque jour, apprendre de nouvelles choses est quelque chose de légitime. Les promotions sont souvent mal vécues principalement parce qu’elles suscitent des jalousies, des frustrations. Si à votre tour vous voulez être jalousé, prenez votre destin en main. Ayez le courage de vous exposer, de prendre des responsabilités, d’affronter l’inconnu en vous mettant au grand jour et en faisant preuve d’un peu d’ambition. Les mauvaises langues trouveront toujours quelque chose à vous reprocher, mais si vous avez bien travaillé votre image avant, alors le principal message qui ressortira de cette promotion sera que vous l’avez méritée. Dans le pire des cas, nous avons tous la mémoire courte, et au bout de 6 mois tout est effacé.

Je ne vais quand même pas postuler pour un poste de manager alors que je n’ai jamais managé.

N’est ce pas en forgeant que l’on devient forgeron ? L’essentiel n’est pas d’avoir toutes les compétences pour un poste en particulier, mais plutôt de montrer que vous les aurez le moment venu, et que vous êtes en capacité de les avoir ; par votre formation, par votre expérience, par votre maturité.
Un poste requiert de savoir parler l’anglais que vous n’avez plus pratiqué depuis 15 ans. Qu’à cela ne tienne, préparez un petit entretien, montrez à votre interlocuteur que vous n’avez pas peur de vous exprimer, forcez l’accent, soyez sur de vous, ayez confiance en vous.

Si vous-même vous êtes convaincu par vos capacités, votre interlocuteur ne pourra qu’y adhérer.

Pff celui là on dirait toujours qu’il a un train à prendre. Il frôle le burn out !

Dans votre direction vous avez Speedy Gonzales en personne ? Il court tout le temps. Entre nous qui inspire le plus confiance ? Quelqu’un qui a l’air dynamique, en pleine forme, qui semble aimer ce qu’il fait, ou quelqu’un qui déambule dans les couloirs, sa tasse à la main, en traînant des pieds ?

En plus il ferme jamais son bureau…On entend toutes ses conversations !!

C’est sa manière de vous faire comprendre qu’il reste toujours disponible pour échanger, qu’il vous accueille quand vous voulez. Au passage il vous montre qu’il travaille dur, et quand il fait ses points téléphoniques c’est vrai qu’on en profite, mais ça nous permet aussi de nous rendre compte à quel point il est professionnel.
Non non, il ne crie pas, il parle fort. C’est obligatoire s’il veut être entendu en réunion.

Faites pareil vous verrez que ça fonctionne, que ça donne du poids à votre intervention, et que ça vous apporte en prime un certain charisme.



Mon boulot est vraiment nul, y a rien de bon à prendre !!

Voilà le genre de réflexion à bannir complètement sous peine de tomber dans une déprime irrémédiable. En agissant de la sorte vous ne dégagerez que de la négativité et vous entrerez dans un cercle infernal ; vous allez broyer du noir, vous déprimerez, vous n’aurez plus envie de travailler, on ne vous fera plus confiance, vous n’aurez plus confiance en vous, métro – boulot – dodo et c’est foutu…
Ne dévalez pas la pente, prenez le taureau par les cornes. Votre boulot ne vous plait pas ou plus, et bien posez vous les bonnes questions. Si demain vous aviez les pleins pouvoirs, que feriez vous pour améliorer les choses ? Autour de vous, quel poste vous fait rêver ? A partir de là vous aurez peut-être la possibilité de faire des propositions, de vous faire remarquer comme étant quelqu’un de proactif, qui ne se contente pas de subir, mais qui agit pour faire évoluer sa situation. En résumé vous êtes quelqu’un qui en veut !!

Alors lui on dirait qu’il prépare la prochaine présidentielle.

« Bonjour »… « Bonjooouur », « Salut ça va ? », « votez pour moi !! » Il sert des mains, fait la bise aux jolies filles, a toujours un bon mot à sortir dans l’ascenseur.
Je ne pense pas que l’on puisse parler d’hypocrisie, de faux cul, d’opportuniste, mais simplement de quelqu’un qui a un bon relationnel, et qui est maintenant devenu fréquentable.

Mais comment fait-il pour garder la pêche dans une ambiance comme celle-ci ?

Voilà l’exemple typique d’un cercle vertueux réussit. En restant positif, en se faisant connaître, en créant des liens avec ses collègues, notre employé modèle est maintenant beaucoup plus serein dans son boulot.

Certes il ne croit peut-être pas toujours en ce qu’il fait, mais au moins il se donne la possibilité d’évoluer, de changer en activant son réseau, en restant à l’écoute d’opportunités. Garder le sourire a peut-être été un exercice difficile au début, mais à présent il n’a plus à se forcer, il est heureux de faire des rencontres, il donne son avis, il a l’impression d’exister, d’être utile, peut-être même d’avoir un rôle dans l’organisation.

Il arrive même à remonter le morale de ses collègues déprimés. Il est au courant de tous les « potins », ce qui lui permet d’avoir toujours un coup d’avance. Sa situation ne peut que s’améliorer maintenant qu’il est devenu « bankable ».