Je suis libéré, délivré, soulagé, satisfait et surtout débarrassé !! Après un an de mission dans mon entreprise, je suis heureux de vous annoncer que j’ai enfin pu soutenir mon rapport devant un jury captivé.

Il était une fois…

J’ai commencé mon projet en Février 2013, et plein d’espoirs, je pensais boucler tout ça pour Septembre. Finalement, avec le recul, je peux vous dire qu’il faut se fixer des objectifs certes, mais qu’il faut rester à la fois réaliste et optimiste. En étant déjà toute la journée immergé dans son sujet, il est très compliqué de s’y remettre le soir pour revenir sur les moindres détails. D’ailleurs c’est peut-être pas plus mal de prendre un peu de recul, et de commencer son rapport 3 ou 4 mois après le démarrage des travaux.

Fin Juin j’avais bien renseigné quelques parties de mon plan, mais sans trop de conviction. Ce n’est qu’à partir de Septembre que je m’y suis remis sérieusement avec comme objectif une soutenance en janvier – février. Le 30 décembre 2013, je me suis offert comme cadeau de fin d’année l’envoi du rapport à mon tuteur CNAM. C’était un peu symbolique pour moi. Il fallait que j’envoie mon premier jet avant la fin 2013 pour que mentalement j’ai la sensation d’avancer.

Dix jours plus tard, en janvier, j’ai eu les premiers retours encourageants. Je me suis dépêché d’apporter les corrections nécessaires, mais il y avait quand même pas mal de choses à revoir et à compléter.

Début Février j’ai pu renvoyer la V2, et mi-Février j’avais un ultime échange avec mon tuteur CNAM. Il m’a fait part de ses dernières remarques et recommandations, et des derniers ajustements nécessaires. Je devais notamment insister un peu plus sur le bilan de projet, trouver des indicateurs de réussite, revenir sur les écarts de charges entre le prévisionnel et le réalisé, justifier encore certains choix … bref c’était pas fini !

Finalement fin Février la dernière version était bouclée et validée par mon tuteur.

Dès que le CNAM décide que vous êtes prêt pour la soutenance c’est normalement gagné car ils ne vous envoient pas au casse-pipe. C’est aussi de la responsabilité du tuteur de présenter un travail abouti s’il ne veut pas perdre en crédibilité face à ses confrères.

Organisation de la soutenance

Le tuteur ne peut pas être président du jury. Il désignera donc un président, et un autre maître de conférence. De votre côté, vous devez faire venir votre maître de stage qui fait normalement partie de votre entreprise, et vous devrez inviter une autre personne faisant partie soit de votre entreprise, soit de votre réseau professionnel. Seule condition cette personne doit être ingénieur, en ce que vous voulez, mais ingénieur quand même ! Ils sont obnubilés par le titre d’ingénieur !

Le CNAM va vous proposer deux ou trois dates, et vous devrez vous arranger avec vos « invités » pour trouver un créneau commun. En parallèle le secrétariat du CNAM vérifie que vous avez passé toutes les UE nécessaires à l’obtention du diplôme.
Le secrétariat vous réserve une salle équipée d’un vidéoprojecteur, et vous demande de lui faire parvenir (rapidement) un exemplaire imprimé du rapport pour chaque membre du jury – recto uniquement, relié … – . Respectez bien les consignes d’impression que vous trouverez sur le site de l’EICNAM, ne faites pas de faute aux noms, renseignez vous sur les titres à indiquer devant chaque membre. On vous transmettra aussi des documents à renvoyer pour autoriser ou non la diffusion de votre œuvre dans la bibliothèque numérique du CNAM. Pensant à ça, il est préférable d’éviter les noms de vos collègues dans votre rapport, par exemple dans l’organigramme de votre entreprise. A vous de voir si c’est gênant ou non.

Tout le mois de Mars a été consacré à l’organisation de cette soutenance ! Je n’en voyais pas le bout.



Préparation de l’oral

Rendez vous pris, vous pouvez maintenant vous préparer à l’oral. Evidemment il faudra faire un PowerPoint, pour une demie heure de présentation. Allez en cadeau je vous offre mon plan :

  • l’entreprise
  • contexte du projet
  • besoin fonctionnel
  • solution
  • gestion de projet
  • mon rôle
  • bilan

Le grand débat

23 slides pour 30 mn, ça passe bien. Entraînez-vous avant bien sûr pour ne pas être surpris le jour J.

En une demie heure on a quand même le temps de bien expliquer le projet, les choix qui ont été fait, et nos réalisations.

A la fin de votre présentation, le président propose un tour de table où chacun peut (doit) vous poser des questions. Normalement les questions de vos collègues vous les aurez eu avant s’ils sont sympas. Puis c’est au tour du CNAM. Je m’attendais à des questions pièges et finalement c’était beaucoup plus axé sur le besoin fonctionnel que sur la solution technique. Dans mon esprit j’étais déjà loin. J’avais fait ma présentation, le plus dur était passé. Leur objectif est de s’assurer que c’est bien vous qui avez fait le projet et écrit le rapport. Je vois mal comment il peut en être autrement mais c’est le principe de la soutenance.

Délibérations

Enfin le président vous demande de sortir pour que le jury délibère, et décide de votre note.

Comment ça j’écoute aux portes ? Non pas du tout mais ils parlent fort alors on entend tout !

J’ai pu avoir un débriefing plus tard par mes collègues. En gros il y a deux camps, les méchants du CNAM, et vos gentils collègues + votre tuteur CNAM. Eux vous défendent alors que le président et le maître de conférence cherchent la petite bête. Mes collègues ont insisté sur le travail qui avait été fait, mon autonomie sur le projet, les décisions prises etc.

Le président pose alors deux questions aux membres du jury ;
- Peut-on lui délivrer le titre d’ingénieur du CNAM ?
- Quelle note doit-on lui mettre ?

And the winner is ?

On me rappelle alors pour me communiquer les réponses à ces deux questions. Roulement de tambour…

Le CNAM me délivre bien le titre d’ingénieur du CNAM, avec une note de 16/20. Double satisfaction car pour la première fois de ma vie j’obtiens une mention très bien.

Bon alors c’est fini le CNAM ?

Heureusement non (second degré) ! J’avais peur que ça s’arrête trop brutalement alors je me suis gardé le Bulats pour la fin. Ça me pèse mais c’est quand même beaucoup plus léger qu’un mémoire de 130 pages à rédiger !
Soyons optimiste, allez pour début Mai ça devrait être bon. En attendant je mange du www.ted.com à tous les repas.

Dans ma tête quelque chose s’est passé, j’arrive à penser à d’autres choses plus sereinement. Je peux me mettre dans un hamac sans penser que j’ai un rapport à rédiger, je peux procrastiner, me consacrer à d’autres choses.

Et main-te-nant que vais-je fairrrrre ?

Et bien pour l’instant je n’ai rien de prévu, mais dans une seconde vie il faudra effectivement essayer de faire quelque chose de ce diplôme (que je n’ai pas encore du reste).

Ça c’est une autre histoire…